9 avril 2008

Boycotter les jeux olympiques de Pékin: un aveu d'impuissance

Je suis convaincu de l'inutilité et de l'inefficacité d'un boycott des Jeux Olympiques de Pékin pour les trois raisons suivantes:

  1. Les JO sont avant tout une fantastique manifestation sportive. Faisons simple et ne les détournons pas à des fins politiques.
  2. Les différents boycotts des JO n'ont jamais été efficaces; même lorsque les États-Unis, et 64 autres délégations, ont boudées les jeux de Moscou en 1980 pour protester contre l'invasion soviétique de l'Afghanistan. Regardez où nous en sommes 30 ans plus tard...
  3. Le Dalaï-lama lui-même s'est prononcé contre et il connait la situation mieux que quiconque.

Par contre en ce qui concerne la cérémonie d'ouverture Nicolas Sarkozy devrait annoncer clairement la couleur le plus tôt possible, comme Gordon Brown ("j'y vais et je rencontre le Dalaï-lama") et Angela Merkel ("je n'y vais pas et je ne rencontre pas le Dalaï-lama"), au lieu de rester flou sur ces intentions, ce qui ne satisfait personne et démontre le manque d'assurance du Président.

Enfin, faire pression avec le boycott de la cérémonie d'ouverture me parait être avant tout un bel aveu d'impuissance face à la Chine, première puissance mondiale pour les décennies à venir. Sommes nous si petits, si faibles et si peu créatif que nous sommes incapables de trouver de meilleur moyen pour aider la Chine et le Tibet à régler leurs différents?

31 mars 2008

Des hommes d'État... mais surtout d'ambition

Je viens de finir de lire "Des hommes d'Etat" écrit par Bruno Le Maire, ex-directeur de Cabinet de Dominique de Villepin, esquissant entre 2005 et 2007 les relations entre Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy.

Voici ce qui m'a le plus frappé dans ce témoignage:

  1. Un des rares points communs entre ces trois hommes est de se dévouer entièrement "au service de leurs convictions". Vous me permettrez de traduire, en moins politiquement correct, "au service de leurs ambitions". Ne devraient-ils pas être avant tout au service des Français et de la France?
  2. Plus inquiétant, ils en sont intimement convaincus car n'ont-ils pas été élus (ou nommé par le Président dans le cas de Dominique de Villepin)? Leur programme (vous pouvez aussi utiliser le mot conviction ou ambition) ayant été approuvé par les français, ce qu'ils veulent, les français le veulent. Ils en tirent donc leur légitimité; légitimité qui agit comme un sauf-conduit, un blanc-seing faisant office de carte blanche dans leur lutte pour la conquête du pouvoir.
  3. Ces hommes d'État n'ont absolument aucune idée des difficultés quotidiennes de ceux qu'ils gouvernent. Quand ont-ils pris le métro ou le bus pour la dernière fois? Même question en ce qui concerne le ravitaillement du samedi matin au supermarché. Ont-ils jamais eu à chercher un emploi? Ont-ils seulement connu les affres du chômage, un interdit bancaire ou un refus de crédit? Ont-ils jamais été locataire de leur appartement?

Tout comme nos Rois de France il y a plus 300 ans, nos grands hommes d'État vivent dans un autre monde qui ignore tout de nos combats quotidiens. L'information qui leur est fournie et dont ils se basent pour prendre leurs décisions est passée par tellement de mains différentes qu'elle n'est plus qu'une pâle approximation de la réalité du terrain.

Malgré leur éducation, leur diplôme et leur intelligence ils sont incapables d'apporter les bonnes solutions à nos problèmes concrets. Ce n'est pas un problème de compétence (faire les "choses" bien) mais d'efficacité (faire la "bonne" chose).

11 mars 2008

L'épaisseur de la France

Nicolas Sarkozy a été élu Président car il a su incarner la rupture, le changement, le mouvement. Ce n'est pas qu'il avait un programme flamboyant mais juste que son image était plus contrastée que celle de ses adversaires. Il n'a pas remporté l'élection présidentielle sur le fond mais sur la forme.

Bien sur il était temps que la France bouge, elle qui a stagnée depuis 25 ans et s'est lentement assoupie dans une torpeur économique et sociale. Car quels sont les faits marquants de ce dernier quart de siècle? Que retenir des deux septennats de François Mitterand? La décentralisation, l'abolition de la peine mort et deux cohabitions, et à part ça pas grand chose.

Et que dire des 12 ans de présidence de Jacques Chirac. Ah si, les grèves de 1995, sa victoire écrasante contre Jean-Marie Le Pen en 2002, le non du référendum sur la Constitution européenne et les voitures qui brûlent dans nos banlieues en 2005. De nouveau rien d'extraordinaire.

Depuis 25 ans l'action, ou plutôt l'inaction, de nos présidents n'a nullement marqué l'Histoire de France avec un grand h. Nicolas Sarkozy l'avait compris et il avait donc bâti son programme de campagne présidentiel sur la rupture. Remettre la France en mouvement était devenu plus que nécessaire mais après 10 mois passés à l'Élysée je ne suis pas convaincu qu'il aille dans la bonne direction ni même qu'il sache où se trouve-t-elle.

Alors au mieux remettra-t-il la France dans une dynamique porteuse mais il faudra un autre Homme (de nouveau avec un grand h) d'État pour redonner de l'épaisseur à la France. Je dis bien épaisseur et pas grandeur. La France n'a pas besoin de courir après sa grandeur passée elle a besoin de prendre de l'épaisseur, à commencer par celle de nos portefeuilles et de notre mince tissu social.

Ce qu'il faut ce n'est ni la rupture ni la révolution mais évoluer. Nous devons évoluer de manière économique, sociale, environnementale et culturelle. Nous devons remettre à plat nos vieilles institutions, notre mode de pensée, nos modes opératoires et notre façon de vivre en société. Demain nous devrons dire adieu à la Vème République, qui fêtera ses 50 ans en octobre prochain, et créer une France moderne et prospère. Une France où il fait tout simplement bon vivre.

photo par wyred4soun

5 mars 2008

Un bébé à l'Élysée

Non ce n'est pas un scoop ni une prémonition. Tout juste un rêve que j'ai fait il y a deux nuits. Mais laissons de côté les mystères de mon subconscient et arrêtons nous sur cette idée.

Carla Bruni et Nicolas Sarkozy se sont sont mariés très vite, on peut croire au coup de foudre, à des sentiments forts. Est-ce si absurde de croire que ces mêmes sentiments pourraient les pousser à vouloir fonder une famille?

Et au delà de la joie d'accueillir un enfant, cela n'engendrerait-il pas un gigantesque coup de pub? Imaginez les répercussions médiatiques qu'aurait un bébé à l'Élysée. Imaginez les couvertures de nos quotidiens et magazines ainsi que les innombrables reportages télé. Un bébé n'aurait-il pas un impact positif immédiat et fort sur la côte de popularité du Président et de son épouse?

On peut aisément concevoir une véritable saga médiatique commençant par les 9 mois de grossesse et continuant joyeusement avec la naissance, les premiers jours qui se transforment en premières semaines, la cérémonie du baptême, les premiers pas, les premiers mots, l'entrée en maternelle puis en primaire et ainsi de suite. Il y aurait certainement matière à communication pour nos médias nationaux mais aussi la presse internationale durant les quatre prochaines années du mandat présidentiel.

Un bébé à l'Élysée, ce n'est pas un scoop ni une prémonition mais une prédiction pour 2009.

image par holidaywithlights

25 février 2008

Manque de respect envers le Chef de l'État

Le Parisien nous rapporte les premiers pas mouvementés de Sarkozy au salon de l'agriculture: "A mi-parcours environ, il s'est soudain vu vertement repoussé par un visiteur du salon auquel il s'apprêtait à accorder une poignée de main. Ambiance surchauffée et cohue, le Chef de l'État s'est alors emporté: "Casse-toi, casse-toi pauvre con" a-t-il lancé, avant de reprendre son parcours mouvementé."

Depuis la polémique enfle. Le mot est malheureux, il y a un problème de forme (tout le monde n'a pas le don de répartie) et de manque de contrôle (plus gênant) du Chef de l'État. Soit, mais là n'est pas l'essentiel. Ce qui me choque c'est de un, refuser de serrer une main tendue (quelle qu'elle soit) et deux, de manquer de respect envers le Président de la République.

Car si on ne respecte pas la plus haute fonction de l'État comment respecter toutes les autres qui lui sont "inférieures" (au sens hiérarchique bien sûr). Comment respecter les policiers faisant régner l'ordre, les professeurs enseignant leur matière, ou encore l'éboueur ramassant nos poubelles?

Le plus grave est là ne nous y trompons pas, tout le reste n'est que diversion. Nous devrions polémiquer sur ce manque de respect envers la République plutôt que sur cette insulte, insulte que nous avons tous proférée à un moment à un autre, ne serait-ce que dans sa voiture!

photo par izarbeltza

19 février 2008

Le plein emploi grâce à la rémunération du "parent" au foyer

Depuis près de 30 ans nos différents gouvernements se sont attaqués au fléau du chômage. Ils ont tout essayé: politiques de relance, croissance économique, faciliter les licenciements ou au contraire les rendre plus contraignants, raccourcir la durée du travail, donner des primes à l'embauche, etc. Toutes ces politiques ont échouées. Et toutes ces politiques ont un point commun: la création d'emplois.

Alors pourquoi ne pas prendre le problème à l'envers. C'est-à-dire non pas supprimer des emplois mais supprimer des demandeurs d'emplois. Pourquoi ne pas rémunérer, par exemple, le "parent" au foyer qui, en échange d'une juste rémunération, accepterait de ne pas se présenter sur le marché du travail?

Cela aura un coût élevé à court terme. Mais cela engendrera aussi des économies car il y aura moins d'allocations chômages et moins d'allocations familiales à verser (qui n'auraient plus de sens). Il y aurait aussi des avantages sociaux beaucoup plus difficilement quantifiables, économiquement parlant, mais tellement payant à long terme comme la baisse de la délinquance juvénile, de l'absentéisme et de l'échec scolaire, moins de stress et une meilleure alimentation, les gains de temps en transport suite à la diminution des embouteillages, etc.

Ce serait aussi une juste, mais malheureusement trop tardive, reconnaissance de toutes ses mères au foyer qui se sont dévouées à l'éducation de leur(s) enfant(s), à la tenue de leur maison et à la carrière de leurs maris et qui n'ont eu en retour que le mépris de notre société dont la première valeur reste l'argent, celui que l'on gagne en "travaillant". Comme si être mère au foyer (ou parent au foyer pour ne pas être sexiste) c'est être en vacances et non pas travailler!

Bien sûr je n'ai pas toutes les réponses aux nombreuses questions sous-jacentes à cette idée, mais en cette période où Nicolas Sarkozy nous sort une commission d'enquête par mois, la mienne mériterait peut-être qu'on s'y attarde sérieusement.

photo par atomic housewife