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6 octobre 2011

Le génie de Steve Jobs et la médiocrité de nos politiciens

Steve Jobs est mort. C'était un entrepreneur génial qui a crée des produits d'exception (iMac, iPod, iPhone et iPad pour être précis) qui ont changé la donne à plusieurs reprises. Côté business, il a redressé Apple en quelques années (première capitalisation boursière mondiale aujourd'hui). Côté marketing, il avait perçu que le grand public recherchait des produits innovants, simples d'emploi et esthétique. Côté communication, c'était un orateur hors pair s'appuyant sur des visuels sobres et efficaces faisant clairement passer ses messages.

Steve Jobs est mort. Ma première réflexion après avoir entendu celà à la radio a été qu'il a fortement contribué à rendre notre monde meilleur. Et ils ne sont pas légions ceux et celles qui ont fait de même. 

Ma seconde réflexion a été de mesurer l'abîme qui sépare son génie de la médiocrité de notre classe politique. Nos politiciens sont des anti-Jobs. Côté business, ils ont plongé la France dans une belle crise économique et culturelle avec un chômage qui stagne depuis 30 ans et des français qui s'appauvrissent. Côté marketing ils sont incapables de percevoir nos besoins et de proposer des solutions simples et innovantes. Côté communication ils en sont encore à lire des discours creux et ennuyants, à mentir sur les faits et leur bilan en nous considérant comme les derniers des imbéciles.

Le plus grave c'est que le seul objectif de nos petits politiciens est de rendre leur monde meilleur. Zéro vision, mais ambition nombriliste débordante. Et malgré le fait qu'ils aient beaucoup plus de pouvoir et de moyens que Steve Jobs ils sont incapables de les utiliser à bon escient pour rendre la vie des français et de tous ceux qui vivent en France meilleure.

Steve Jobs est mort. Espérons que son héritage inspirera notre génération, une nouvelle politique, un monde meilleur.

25 octobre 2010

Nous allons continuer à récolter ce que Nicolas Sarkozy a semé

Lors de mon passage à la FAO j'ai eu la chance d'effectuer de courtes missions dans des pays en voie de développement comme la Zambie, le Zimbabwe ou encore Haïti. Quand vous rentrez le dimanche à la maison vous réalisez très rapidement la chance que vous avez d'être né du bon côté du manche, du bon côté de l'hémisphère Nord. L'eau potable qui coule du robinet, une douche chaude tous les jours, le gaz et l'électricité 24h sur 24, les éboueurs qui passent prendre vos déchets, des téléphones qui fonctionnent, etc. Ce que l'on considère comme le strict minimum est pour plus de la moitié de la planète le luxe absolu d'un rêve inaccessible.

Alors comment se fait-il que je n'ai aucune envie de retourner vivre en France? Est-ce parce que nos fonctionnaires (et leurs nombreux privilèges) vous pourrissent le quotidien à être sans arrêt en grève? Est-ce dû au fait que nous vivons dans une "République" fleurant bon le clientélisme, le népotisme et la gérontocratie? Est-ce la peur de voir sa famille se faire massacrer sur l'autoroute après un accrochage anodin? Est-ce parce que Eric Woerth est toujours Ministre malgré ses mensonges (ne vous inquiétez pas Philippe Courroye veille au grain) ? Est-ce parce que 10% des français possèdent la moitié des richesses de notre pays et la moitié des français se démerdent avec seulement 7% des richesses?

Je vous l'avoue, c'est un peu tout à la fois. Cet écœurement écœurant, des millions de français le ressentent et l'ont clairement exprimé ces derniers jours lors des grèves et des multiples manifestations. La réforme des retraites (pourtant si nécessaire et si logique) n'a été que le déclencheur de ce gigantesque ras-le-bol. Ras-le-bol de voir la France d'en bas casquer pour la France d'en haut. Ras-le-bol de la politique injuste de ce gouvernement. Mais après tout nous ne pouvons nous en prendre qu'à nous-mêmes car Nicolas Sarkozy a fait ce qu'il avait dit pendant sa campagne (bouclier fiscal, baisse de la TVA dans la restauration, mis-au-pas de l'audiovisuel public, etc.). Et malheureusement nous allons continuer à récolter ce qu'il a semé...

image par bodgie

4 janvier 2010

Trois fois plus de voitures brûlées durant la nuit de la Saint-Sylvestre

Il y a deux ans j'avais fait quelques recherches sur le nombre de voitures incendiées en France par an. Pour rappel ce sont toujours près de 40000 voitures qui partent en fumée chaque année, soit une moyenne quotidienne de 110. Champion du monde, médaille d'or, prix Nobel, la France rafle toutes les médailles tous pays confondus dans la catégorie "z'y va j'te crame la caisse du soinvoi".

En plus de ce bilan catastrophiquement lamentable (et ça dure depuis plus de 10 ans), la satisfaction du Ministère de l'Intérieur est simplement délirante. En janvier 2008 le Ministère annonçait un bilan "positif" avec 400 voitures incendiées la nuit du 31. Samedi dernier sur RTL Brice Hortefeux déclarait que la Saint-Sylvestre "s'est bien déroulée sur l'ensemble du territoire national et aucun incident important n'a été constaté". Je m'attendais donc à une baisse du nombre de voitures incendiées. Naïf que je suis... en fait ce sont plus de 1100 voitures qui ont été incendiées soit trois fois plus qu'en 2008!

Pas de panique le Ministère de l'Intérieur nous rassure: "la tendance à la hausse du nombre des voitures brûlées a été enrayée". Nul doute que la méthode Coué, l'autosatisfaction et la politique de l'autruche porteront encore leurs fruits cette année.

image par casstrix

28 septembre 2009

Petit rappel des faits: Roman Polanski a violé une jeune de fille de 13 ans le 10 mars 1977

Quand Frédéric Mitterand, ministre français de la Culture et de la communication, déclaré sur Europe 1 dimanche dernier que l'arrestation de Roman Polanksi en Suisse est "absolument épouvantable" et que c'est "une histoire ancienne qui n'a pas vraiment de sens"; je me dis qu'il est en plein délire.

Quand j'entends Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, en rajouter une couche ce matin sur France Inter: "Tout ça n'est pas très joli" ou encore "ça n'est pas sympathique"; je me dis que j'ai du mal entendre.

Quand je lis dans la grande presse que certains acteurs et réalisateurs se mobilisent pour sa libération; je me dis qu'ils sont bien mal informés ou plus grave qu'ils n'ont pas très bien compris la gravité des faits.

Voici donc un petit rappel pour tous ceux qui ont la mémoire courte ou pas de mémoire du tout (source: Wikipedia en anglais car la version française ne consacre qu'une ligne à cette affaire!):
"In 1977, Polanski, then aged 44, became embroiled in a scandal involving 13-year-old Samantha Gailey (now known as Samantha Geimer). It ultimately led to Polanski's guilty plea to the charge of unlawful sexual intercourse with a minor.[26]

According to Geimer, Polanski asked Geimer's mother if he could photograph the girl for the French edition of Vogue, which Polanski had been invited to guest-edit. Her mother allowed a private photo shoot. According to Geimer in a 2003 interview, "Everything was going fine; then he asked me to change, well, in front of him." She added, "It didn't feel right, and I didn't want to go back to the second shoot."

Geimer later agreed to a second session, which took place on March 10, 1977 at the Mulholland area home of actor Jack Nicholson in Los Angeles. "We did photos with me drinking champagne," Geimer says. "Toward the end it got a little scary, and I realized he had other intentions and I knew I was not where I should be. I just didn't quite know how to get myself out of there." She recalled in a 2003 interview that she began to feel uncomfortable after he asked her to lie down on a bed, and how she attempted to resist. I said, "No, no. I don’t want to go in there. No, I don’t want to do this. No!", and then "I didn’t know what else to do," she stated.[27]

Geimer testified that Polanski performed various sexual acts on her[28][29][30] after giving her a combination of champagne and quaaludes.[31]"

Un viol est un viol. Il n'y a aucun prétexte ni aucunes circonstances atténuantes. Personnellement je trouve que c'est un crime qui devrait être assorti de prison ferme à vie et qui n'est donc pas puni assez sévèrement en France. Je ne connaissais pas cette histoire mais j'espère sincèrement que Mr Polanski sera jugé, condamné et qu'il restera dans une cellule jusqu'à la fin de ses jours aux Etats-Unis. Pas de pitié pour les violeurs. Jamais. Point barre.

image par nickwinch

31 mars 2009

Encadrer les gros salaires: un faux débat

Depuis quelques jours les médias et les politiques s'en donnent à coeur joie sur l'encadrement des gros salaires. Faut-il limiter les salaires à 100 fois le SMIC ou 200 fois? Faut-il interdire les stock-options, lever le bouclier fiscal ou taxer les primes à 70%? Faut-il légiférer ou non? Que de mauvaises questions alimentant un faux débat qui se concentre sur l'exception afin de nous faire oublier le principal. Oh bien sur l'État trouvera un bouc émissaire ou deux et la France satisfaite continuera tranquillement sa sieste sociale en n'oubliant pas de regarder les matchs des bleus et Michel Drucker le dimanche après-midi.

L'exception ce sont les quelques centaines de patrons des grandes boîtes qui ont des rémunérations absolument pas proportionnelles à leurs compétences et aux résultats. Et l'argument "ah oui vous comprenez si on ne les paye pas assez ils partiront à l'étranger" ne tient pas debout. Primo parce que vu la crise actuelle, que quelque uns ont provoqué et que la plupart n'ont pas anticipé, ils ne sont pas si compétents que cela. Deuxio mais qu'ils partent! Je suis persuadé qu'on n'aura aucun mal à leur trouver des successeurs qui feront probablement ni mieux ni pire mais pour beaucoup moins cher.

Le principal ce sont les 50% de français qui ne possèdent que 7% des richesses! Car il est là le vrai débat: comment répartir de façon beaucoup plus équitable la richesse? Première solution limiter les gros salaires. Soit mais ça ne changera rien pour tous les millions de bas salaires. Cette idée est donc idiote. Alors pourquoi ne pas faire profiter tous les salariés des mêmes bénéfices que leurs dirigeants? Pourquoi ne pas leur donner des primes de bienvenue, des parachutes dorés, distribuer 1/4 des profits annuels ou encore des stock options? Ce serait plus intelligent et bien plus juste. Et c'est pour ça que personne n'en parle.

photo de marganz

10 novembre 2008

Simplifions le calendrier des grandes commémorations

Le Monde a publié un bon schéma récapitulant l'agenda des commémorations. Depuis 2000 nous en célébrons sept nouvelles en plus des cinq traditionnelles. Il y a donc bien une multiplication de ces cérémonies qui deviennent trop répétitives. Leur fréquence (annuelle) en diminue l’importance.

A la base beaucoup font double emploi comme la journée de la déportation et l'hommage aux Justes; l’hommage aux harkis et celui aux morts de la guerre d’Algérie mais aussi l'appel du 18 juin et l'armistice de la seconde guerre mondiale. La fête de Jeanne d'Arc est un peu désuète et je ne me sens pas directement par l'abolition de l'esclavage, qui arrive deux jours après le 8 mai.

Afin d’éviter de commémorer toutes les guerres (!) ne gardons que l'armistice de la première guerre mondiale pour rendre hommage aux morts pour la patrie. Ceci permettrait de remplacer le 8 mai (qui n'est célébré que depuis 1981) par le 9 mai, la journée de l’Europe. Une Europe qui, ne l'oublions pas, s'est construite juste après la seconde guerre mondiale pour en assurer une paix si chèrement acquise. Par délicatesse pour nos amis allemands, dont beaucoup n'ont pas connus ces évènements, doit-on vraiment avoir quatre commémorations les concernant directement?

En résumé il vaudrait mieux célébrer annuellement les évènements majeurs comme la fête nationale le 14 juillet, l'armistice le 11 novembre et l’avènement de l'Europe le 9 mai. Les autres grands dates qui ont fait notre histoire pourraient être commémorées tous les 10 ans, mais de manière plus solennelle et approfondie afin de ne pas les oublier ni les banaliser.

image par salingpusa

16 octobre 2008

Silence, on chante la Marseillaise

Siffler un hymne national, que ce soit la Marseillaise ou un autre, est un acte grave. C'est un manque de respect total pour un pays, son histoire et son peuple. C'est un geste honteux et insultant. Mais je le répète c'est avant tout un acte grave qui appelle à des sanctions.

Le Figaro résume bien la situation concernant les sanctions possibles.
"Elles sont prévues par la loi du 18 mars 2003. «Le fait (…) d'outrager publiquement l'hymne national ou le drapeau tricolore (…) est passible de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende.» Dans les faits, l'article 433-5-1 du Code pénal n'est jamais appliqué. Il ne le sera pas plus cette fois. Le ministre de l'Intérieur a bien demandé une enquête, en utilisant les sept «caméras professionnelles» installées après l'incident de la banderole anti-Ch'tis, en finale de la Coupe de la Ligue. Mais Mme Alliot-Marie ne réclame pas la stricte application de la loi pour les cupables. «Les interpellations qui en résulteront déboucheront sur des interdictions administratives de stade», précise le ministère…"

Les solutions avancées à la va vite par les membres du gouvernement me semblent totalement inadaptées:

  1. Annuler le match? Cela pose tout d'abord un problème de responsabilité. Qui prend la décision? l'arbitre, le préfet, le ministre de l'intérieur? Ensuite cela entraînera certainement des violences physiques dès la sortie du stade.
  2. Jouer en province? Encore une pauvre idée qui ne fait que déplacer le problème.
  3. Quant à ces interdictions administratives de stade, elles symbolisent la faiblesse de ceux qui sont censés faire respecter l'ordre.


Alors à quoi sert-il de légiférer si ce n'est pas appliqué? A rien. Et ce n'est pas en faisant preuve d'un tel manque d'autorité que l'État donnera l'exemple de ce que doit être le respect de tous pour un pays.

Faisons simple et appliquons la loi en offrant à tous ceux qui sifflent la Marseillaise un petit séjour en cellule afin de méditer sur les devoirs du citoyen. On pourrait aussi leur proposer quelques travaux d'intérêt généraux formateurs ou encore recopier mille fois la Marseillaise. Et pour les mineurs je propose de supprimer les allocations familiales pendant 6 mois. Je suis persuadé que les parents prendront alors plus au sérieux leur rôle, si crucial, d'éducateur.

Monsieur le Président montrez-nous l'exemple.


26 juin 2008

Télévision publique ou étatique?

Dans le cadre de la réforme de la télévision publique Nicolas Sarkozy vient de prendre trois décisions importantes. Une seule me parait judicieuse, la suppression de la publicité sur les chaînes publiques entre 20 heures et 6 heures du matin dès janvier 2009 (suppression totale prévue fin 2011). C'est un bonne idée pour des raisons éthiques et culturelles exprimées dans un précédent article.

Les deux décisions suivantes ne sont pas bonnes:

  1. Le chiffre d'affaire des opérateurs de téléphonie et d'Internet sera taxée à 0,9% pour compenser la perte des recettes publicitaires. Le chiffre importe peu car il est incohérent de taxer un secteur pour en financer un autre. Mais c'est aussi injuste car elle sera immédiatement répercutée sur les usagers. Pourquoi ne pas tout simplement augmenter la redevance audiovisuelle ainsi qu'utiliser le budget du Ministère de la Culture?
  2. Le futur président de France Télévisions sera "nommé par l'exécutif après avis conforme du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), et sous réserve qu'une majorité qualifiée de parlementaires n'y fasse pas obstacle". Je classerai cette dernière initiative dans la catégorie des très mauvaises idées car il est dangereux de rapprocher le pouvoir éxécutif de celui des médias. Cela me fait penser aussi que le Chef de l'État souhaite y placer son ex-directeur adjoint de campagne Laurent Solly, parachuté directeur-adjoint à TF1 il y a tout juste un an.

Il est vrai que le capital de France Télévisions est exclusivement détenu par l'État, mais ne confondons pas télévision publique et télévision étatique.


11 mars 2008

L'épaisseur de la France

Nicolas Sarkozy a été élu Président car il a su incarner la rupture, le changement, le mouvement. Ce n'est pas qu'il avait un programme flamboyant mais juste que son image était plus contrastée que celle de ses adversaires. Il n'a pas remporté l'élection présidentielle sur le fond mais sur la forme.

Bien sur il était temps que la France bouge, elle qui a stagnée depuis 25 ans et s'est lentement assoupie dans une torpeur économique et sociale. Car quels sont les faits marquants de ce dernier quart de siècle? Que retenir des deux septennats de François Mitterand? La décentralisation, l'abolition de la peine mort et deux cohabitions, et à part ça pas grand chose.

Et que dire des 12 ans de présidence de Jacques Chirac. Ah si, les grèves de 1995, sa victoire écrasante contre Jean-Marie Le Pen en 2002, le non du référendum sur la Constitution européenne et les voitures qui brûlent dans nos banlieues en 2005. De nouveau rien d'extraordinaire.

Depuis 25 ans l'action, ou plutôt l'inaction, de nos présidents n'a nullement marqué l'Histoire de France avec un grand h. Nicolas Sarkozy l'avait compris et il avait donc bâti son programme de campagne présidentiel sur la rupture. Remettre la France en mouvement était devenu plus que nécessaire mais après 10 mois passés à l'Élysée je ne suis pas convaincu qu'il aille dans la bonne direction ni même qu'il sache où se trouve-t-elle.

Alors au mieux remettra-t-il la France dans une dynamique porteuse mais il faudra un autre Homme (de nouveau avec un grand h) d'État pour redonner de l'épaisseur à la France. Je dis bien épaisseur et pas grandeur. La France n'a pas besoin de courir après sa grandeur passée elle a besoin de prendre de l'épaisseur, à commencer par celle de nos portefeuilles et de notre mince tissu social.

Ce qu'il faut ce n'est ni la rupture ni la révolution mais évoluer. Nous devons évoluer de manière économique, sociale, environnementale et culturelle. Nous devons remettre à plat nos vieilles institutions, notre mode de pensée, nos modes opératoires et notre façon de vivre en société. Demain nous devrons dire adieu à la Vème République, qui fêtera ses 50 ans en octobre prochain, et créer une France moderne et prospère. Une France où il fait tout simplement bon vivre.

photo par wyred4soun

25 février 2008

Manque de respect envers le Chef de l'État

Le Parisien nous rapporte les premiers pas mouvementés de Sarkozy au salon de l'agriculture: "A mi-parcours environ, il s'est soudain vu vertement repoussé par un visiteur du salon auquel il s'apprêtait à accorder une poignée de main. Ambiance surchauffée et cohue, le Chef de l'État s'est alors emporté: "Casse-toi, casse-toi pauvre con" a-t-il lancé, avant de reprendre son parcours mouvementé."

Depuis la polémique enfle. Le mot est malheureux, il y a un problème de forme (tout le monde n'a pas le don de répartie) et de manque de contrôle (plus gênant) du Chef de l'État. Soit, mais là n'est pas l'essentiel. Ce qui me choque c'est de un, refuser de serrer une main tendue (quelle qu'elle soit) et deux, de manquer de respect envers le Président de la République.

Car si on ne respecte pas la plus haute fonction de l'État comment respecter toutes les autres qui lui sont "inférieures" (au sens hiérarchique bien sûr). Comment respecter les policiers faisant régner l'ordre, les professeurs enseignant leur matière, ou encore l'éboueur ramassant nos poubelles?

Le plus grave est là ne nous y trompons pas, tout le reste n'est que diversion. Nous devrions polémiquer sur ce manque de respect envers la République plutôt que sur cette insulte, insulte que nous avons tous proférée à un moment à un autre, ne serait-ce que dans sa voiture!

photo par izarbeltza

31 janvier 2008

République, laïcité et religion

Ces derniers jours le débat sur la laïcité et la séparation des Églises et de l'État en 1905 refait surface.

Les sondages récents montrent que 7 Français sur 10 ont une religion; avec grosso modo 56% de catholiques, 4% de musulmans, 3% de protestants, 1% de juifs et 31% sans religion (source: Religion en France).

Voici quelques extraits tirés de l'allocution du Président de la République dans le Palais du Latran en date du 20 décembre 2007:

  • "Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes."
  • "... une nation qui ignore l'héritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un crime contre sa culture..."
  • "La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparation des patronages, la pénurie des prêtres, n'ont pas rendu les Français plus heureux. C'est une évidence."
  • "Votre contribution à l'action caritative, à la défense des droits de l'homme et de la dignité humaine, au dialogue inter-religieux, à la formation des intelligences et des cœurs, à la réflexion éthique et philosophique, est majeure."
  • "... la laïcité s'affirme comme une nécessité et oserais-je le dire, une chance. Elle est devenue une condition de la paix civile."

Je vous laisse méditer ces quelques points et ce dernier extrait en guise de conclusion:
"... j'appelle de mes vœux l'avènement d'une laïcité positive, c'est-à-dire d'une laïcité qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout."

10 janvier 2008

Statistiques sur les véhicules incendiés en France

Voici un petit extrait (source: Europe 1) résumant bien la situation des statistiques de véhicules incendiés.

"La nuit de la Saint-Sylvestre a été plutôt calme cette année... La fête n'a pas dégénéré si l'on en croit les autorités qui ont présenté lundi un bilan de la soirée plutôt "positif", mais provisoire. Les chiffres datent de lundi matin, 6 heures, et ne devraient pas être réactualisés. Une difficulté pour se rendre compte de la réalité des faits. Officiellement, 313 véhicules ont été incendiés partout en France, contre 425 l'année dernière. Mais à ce bilan provisoire, il est nécessaire d'ajouter un nouveau chiffre pris en compte cette année : le nombre de voitures qui ont pris feu par propagation. Il s'élève à 83 et porte donc le bilan provisoire de la nuit de la Saint Sylvestre 2006 à près de 400 véhicules incendiés."


Cet article ayant attisé ma curiosité; ce n'est qu'après quelques recherches (longues car les chiffres officiels sont difficiles à trouver) que je suis en mesure de publier ce tableau synoptique (source: Ministère de l'Intérieur):

Incendies volontaires contre les biens privés
(N.B: traduisez véhicules incendiés, les chiffres sont arrondis et ceux antérieurs à 2004 sont estimés)
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
16000 18000 18000 22000 22000 25000 30000 34000 32000 30000 43000 38000 40000

Ce qui me frappe en premier lieu c'est ce triste record de 2005, conséquence directe des émeutes qui ont eu lieu dans nos banlieues en novembre. Le second choc arrive en prenant conscience de la grandeur de ces chiffres: 40000 voitures brûlées en 2006 c'est plus d'une centaine chaque jour (ou plutôt chaque nuit). Finalement le coup de grâce est à porté au crédit de leur évolution dans le temps: de 15000-20000 véhicules incendiés fin 90, on passe à 30000 début 2000 et 40000 à partir de 2005.

Vous l'aurez compris il n'y a rien de "positif" dans ces chiffres et le fléau des violences urbaines n'est pas près de s'éteindre.

photo par _val_

9 janvier 2008

La fin de la pub sur France Télévisions

Le Président Nicolas Sarkozy a aussi annoncé lors de la conférence de presse du 8 janvier 2008 vouloir mettre un terme à la publicité sur le groupe France Télévisions. Je m'en félicite principalement pour deux raisons:

  1. Ethiquement, la mission des chaînes de service public n'est pas de faire la pub d'intérêts des groupes et entreprises privées.
  2. Culturelle ment, et c'est peut-être le plus important, nous pouvons espérer une télévision moins commerciale, tournée vers la qualité.

Economiquement, il est vrai que la publicité rapporte plus de 800 millions d'euros. Mais à moyen terme l'absence de publicité, interrompant sans cesse les programmes que nous regardons, et l'amélioration de la qualité de ces derniers ne peut qu'engendrer une augmentation des parts d'audience et des vente de programme à l'étranger qui viendront compenser la perte des recettes publicitaires.

N'oublions pas que plusieurs chaînes sont diffusées dans 19 autres pays européens ainsi qu'en Afrique, au Proche et Moyen Orient et dans l'Océan Indien. Cela contribue fortement à l'image de la France, ce qui est difficilement chiffrable. Si vous insistez pour un chiffre, le tourisme en France rapporte plus de 40 milliards d'euros, notre pays étant la première destination touristique au monde depuis les années 90 avec 80 millions de touristes étrangers accueillis en 2006.

Je ne peux donc que soutenir l'idée de créer nouvelle chaîne d'information internationale, appelée France Monde, offrant une alternative sérieuse à CNN et Al Jazeera.

22 novembre 2007

La France qui a peur et l'Etat Providence

La France a peur. Peur des banlieues, des immigrés et des musulmans. Peur de l'Europe, de la Turquie et des Iraniens.

La France a peur. Peur de la mondialisation, des délocalisations et de la croissance chinoise. Peur de perdre son emploi, de se retrouver à la rue, d'être exclu.

La France a peur. Peur des fins de mois difficiles, de la hausse des prix et de la perte de son pouvoir d'achat. Peur de perdre ses privilèges, du service minimum et pour sa retraite.

Alors que faisons-nous? Nous nous tournons vers l'État. Un État reconnaissant tous nos droits, nous qui en avons tant. Un État nous enseignant, nous nourrissant, nous logeant, nous transportant, nous fournissant un travail, nous divertissant, nous informant et nous soignant. Un État garantissant notre futur sur facture. Un État Mère qui nous rassure et nous aime. Un État Père qui nous élève et nous guide.

Un État présent de notre naissance à notre mort. Un État Providence. La Providence n'est plus l'apanage de Dieu, elle est de la responsabilité du Ministre et du Président. Hier encore on aurait pu croire que l'opium du peuple est la religion. Mais aujourd'hui notre opium c'est l'État.

source illustration

24 octobre 2007

Appliquons le principe de précaution aux chiens dangereux

Aujourd'hui encore un chien dangereux a tué un bébé de 19 mois. Fait divers, anecdote me direz-vous. Dans l'absolu oui mais pas pour les parents de cet enfant.

La loi de 1999 dite des "chiens dangereux" précise que l'acquisition, la cession ou l'importation des chiens de 1ère catégorie (chiens d'attaque) est interdite mais pas leur détention! D'ailleurs ils seraient 7000 en France. Charmant paradoxe juridique n'est-ce-pas?

Arrêtons de tergiverser sur la définition de chien "dangereux" ou "potentiellement dangereux" ou encore sur leur classification en catégorie 1 ou 2 (chien de garde ou de défense). Ce n'est pas très compliqué pourtant; un animal dangereux reste un animal dangereux même si on lui délivre un certificat de bonne vie et moeurs! Il ne faut pas être zoologiste pour savoir qu'un tigre est un animal dangereux. Et il suffit de regarder (de loin de préférence) un am'staff, un mastiff ou un pitbull pour se rendre compte que ces races de chien sont dangereuses.

La solution est pourtant simple. En plus d'interdire la commercialisation et la possession de tels chiens le Gouvernement devrait appliquer le principe de précaution (on le fait bien pour les vaches) et euthanasier tous ceux qui se trouvent sur le territoire. Cela mettrait un point final à tous ces drames.

photo par hipnerd

21 octobre 2007

Instruction et éducation

En 1932 le Ministère de l' Instruction publique a été rebaptisé Ministère de l'Education Nationale. Je trouve le terme mal choisi.

Pourquoi? Parce que le but de l'école (au sens large) est de nous donner de bonnes bases en mathématiques, physique, chimie, biologie, histoire, géographie, etc. La mission de l'école est de nous ouvrir l'esprit sur un grand nombre de domaines. L'école nous donne une instruction.

L'éducation par contre est du ressort des parents pas des enseignants! Ces derniers ne devraient pas avoir besoin de se faire respecter et de faire régner l'ordre dans leurs classes. Mais si les parents ne sont plus capables d'éduquer leurs enfants faudrait-il les instruire?

L'éducation c'est ce qui nous permet de vivre en société, les uns avec les autres, les uns à côté des autres, les uns sur les autres. L'instruction c'est ce qui nous permet de construire un meilleur avenir pour la prochaine génération.

Instruction et éducation ce n'est pas qu'une histoire de mots, c'est un problème de maux. Ceux dont souffre notre société. Cela commence par l'absence de respect pour les parents qui se transmet aux enseignants et puis aux personnes âgées, aux pauvres, aux malades, aux femmes pour enfin terminer sa course folle contre toute forme d'autorité et donc contre l'état.

Instruction et éducation devraient être la priorité numéro un de tout Président.

photo par carf

17 septembre 2007

Les bénéfices multiples du télétravail

Travailler à son domicile requiert un bureau aménagé, un téléphone, une bonne connexion Internet et il faut bien l'avouer une certaine discipline. Tous les employeurs ne veulent le faire et tous les employés ne peuvent le faire.

Mais certaines fonctions s'y prêtent à merveille et le Gouvernement devrait se pencher sérieusement sur la question car le télétravail offre de nombreux avantages:

  1. Pour l'employeur il y a une réduction des retards et des frais généraux (bureau, électricité, etc.).
  2. Point de vue social cela renforce la confiance entre l'entreprise et son employé. Cela pourrait être aussi une façon de récompenser et responsabiliser un salarié.
  3. Pour le télétravailleur il y a un gain de temps et d'argent (prix du carburant!) car il ne faut plus se déplacer sur son lieu de travail. Il y a aussi moins de stress lié à ces déplacements, donc moins d'arrêts maladie et moins de frais de santé.
  4. Les usagers de la route bénéficient aussi d'un gain de temps car les réseaux seront moins encombrés.
  5. Pour la Protection Civile il y a moins d'accidents de la route (plus de 80000 par an, 4500 morts).
  6. Pour l'environnement il y a une amélioration de la qualité de l'air car moins de dioxyde de carbone est rejeté. Pour rappel le secteur du transport est responsable de 21% des gaz à effets de serre en Europe et contribue fortement au changement climatique.

Le télétravail serait donc une politique assez simple à mettre en oeuvre et peu coûteuse ayant des impacts positifs sur l'économie, le social, la santé et l'environnement. N'attendons pas.



8 septembre 2007

Le travail n'est pas une valeur

Nicolas Sarkozy a fait du travail son cheval de bataille lors de sa campagne. Il faut redonner à la France le goût de l'effort et récompenser la France qui se lève tôt. Dans une vision un peu étroite du travail, ce dernier devient une activité rémunérée synonyme d'emploi. Idéologiquement on arrive donc à la notion de valeur "travail".

Mais quelle est donc la valeur de celui qui n'a pas d'emploi, l'"inactif", le retraité, le parent au foyer, le bénévole, l'handicapé, l'artiste, l'enfant qui joue, l'adolescent qui étudie?

Non, le travail n'est pas une valeur et il ne rend pas forcément libre. Ce qui a de la valeur c'est d'être actif, de se rendre utile, d'aider les autres, d'évoluer, de progresser, de faire fructifier ses talents, de porter des fruits, d'essayer d'être encore meilleur demain.

Comme le disent si bien nos amis belges, l'important c'est de faire avancer le "schmilblick".

photo par Alexandre Istratov

4 septembre 2007

Secteur privé et secteur public

Il est erroné de croire que le secteur privé est plus efficace que le secteur public. Les hommes sont les mêmes donc l'efficacité (ou l'inefficacité si vous préférez voir ce verre à moitié vide) est identique. Je vois une seule différence fondamentale entre les deux: le privé veut maximiser (et non pas optimiser ce qui serait plus judicieux et durable à long terme) son profit alors que le public cherche à rendre service.

Après la récente privatisation des autoroutes celle de l'énergie arrive. Entre le tout privé (libéralisme économique) et le tout public (étatisme) il existe un juste milieu. La question est de savoir ce qui est du ressort du privé et ce qui tombe dans l'escarcelle du public.

Le rôle de l'état est de produire des normes et de contrôler leur juste application par le secteur privé. Le public s'occuperait du normatif et le privé de l'opérationnel. Cette séparation claire et nette éviterait bien des conflits d'intérêts.

photo par nochoice

7 août 2007

Pour l'uniforme scolaire

Nicolas Sarkozy à raison de vouloir remettre au goût du jour certaines valeurs comme les droits ou l'égalité. Une mesure concrète serait de réinstaurer le port obligatoire de l'uniforme à l'école publique. Cela permettrait de:

  1. Diminuer les dépenses des ménages en vêtement d'enfants en atténuant l'effet mode des "marques".
  2. Promouvoir l'égalité entre les enfants. Tous les enfants portant le même uniforme il est plus difficile de discriminer les enfants selon leur origine sociale.
  3. Résoudre la problématique lié au port du voile islamique.

L'uniforme scolaire c'est donner l'image d'une France qui défend ses valeurs et qui est cohérente entre son discours et son action.