12 novembre 2008

La France est une gérontocratie (3)

L'Assemblée a récemment adopté un amendement permettant aux salariés de travailler, s'ils le souhaitent, jusqu'à 70 ans. Les réactions ne se sont pas fait attendre. Tollé de la gauche, scandale chez les syndicats et sondage d'opinion selon lequel 2/3 des français y sont opposés. Le principal argument avancé par l'UMP est que les salaries auront ainsi la "liberté" de pouvoir choisir le moment de son départ à la retraite". Bref on est en plein dans le "travailler plus pour gagner plus".

Devant tant d'inepties je me vois donc contraint de publier le troisième opus de mes articles "La France est une gérontocratie". Commençons par un petit tableau reprenant les chiffres du chômage du second semestre 2008 (source: INSEE).

Âge
Chômage
15-2419,1%
25-49
6,9%
>495,2%
Total
7,6%

En résumé il y a quatre fois plus de jeunes que de vieux au chômage! Logiquement ce devrait être tout le contraire. On pourrait donc penser que nos députés fassent tout leur possible pour favoriser l'emploi des jeunes. Pas du tout ils décident d'allonger l'âge de la retraite et donc de freiner directement l'insertion des jeunes dans le marché de l'emploi. Mais quand on est député (55 ans de moyenne d'âge...) on est plus proche de la retraite que de son premier emploi. On favorise donc tout "naturellement" ses propres intérêts. Ceux des seniors.

Connaissez-vous beaucoup de conseillers influents de Sarkozy ayant moins de 40 ans? Récemment ça me fait un peu peur de constater que Jacques Attali a repris du service à 65 ans avec la commission pour la libération de la croissance française. Un jeunot comparé à Edouard Balladur, qui soufflera 80 bougies l'année prochaine, et ses présidences du comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institution et du comité pour la réforme des collectivités locales.

Pourtant ça avait bien commencé avec un Nicolas Sarkozy succédant, à 53 ans, à un Jacques Chirac de 21 ans son aîné. Malheureusement la France reste une gérontocratie. On y fait de la vieille politique, avec des vieux et pour les vieux. Alors même si je ne suis toujours d'accord avec le camarade Olivier Besancenot, je fais toujours attention à ce qu'il dit. A 34 ans, il semblerait qu'on peut aussi faire de la politique.


photo par gtrfrkbob

10 novembre 2008

Simplifions le calendrier des grandes commémorations

Le Monde a publié un bon schéma récapitulant l'agenda des commémorations. Depuis 2000 nous en célébrons sept nouvelles en plus des cinq traditionnelles. Il y a donc bien une multiplication de ces cérémonies qui deviennent trop répétitives. Leur fréquence (annuelle) en diminue l’importance.

A la base beaucoup font double emploi comme la journée de la déportation et l'hommage aux Justes; l’hommage aux harkis et celui aux morts de la guerre d’Algérie mais aussi l'appel du 18 juin et l'armistice de la seconde guerre mondiale. La fête de Jeanne d'Arc est un peu désuète et je ne me sens pas directement par l'abolition de l'esclavage, qui arrive deux jours après le 8 mai.

Afin d’éviter de commémorer toutes les guerres (!) ne gardons que l'armistice de la première guerre mondiale pour rendre hommage aux morts pour la patrie. Ceci permettrait de remplacer le 8 mai (qui n'est célébré que depuis 1981) par le 9 mai, la journée de l’Europe. Une Europe qui, ne l'oublions pas, s'est construite juste après la seconde guerre mondiale pour en assurer une paix si chèrement acquise. Par délicatesse pour nos amis allemands, dont beaucoup n'ont pas connus ces évènements, doit-on vraiment avoir quatre commémorations les concernant directement?

En résumé il vaudrait mieux célébrer annuellement les évènements majeurs comme la fête nationale le 14 juillet, l'armistice le 11 novembre et l’avènement de l'Europe le 9 mai. Les autres grands dates qui ont fait notre histoire pourraient être commémorées tous les 10 ans, mais de manière plus solennelle et approfondie afin de ne pas les oublier ni les banaliser.

image par salingpusa

16 octobre 2008

Silence, on chante la Marseillaise

Siffler un hymne national, que ce soit la Marseillaise ou un autre, est un acte grave. C'est un manque de respect total pour un pays, son histoire et son peuple. C'est un geste honteux et insultant. Mais je le répète c'est avant tout un acte grave qui appelle à des sanctions.

Le Figaro résume bien la situation concernant les sanctions possibles.
"Elles sont prévues par la loi du 18 mars 2003. «Le fait (…) d'outrager publiquement l'hymne national ou le drapeau tricolore (…) est passible de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende.» Dans les faits, l'article 433-5-1 du Code pénal n'est jamais appliqué. Il ne le sera pas plus cette fois. Le ministre de l'Intérieur a bien demandé une enquête, en utilisant les sept «caméras professionnelles» installées après l'incident de la banderole anti-Ch'tis, en finale de la Coupe de la Ligue. Mais Mme Alliot-Marie ne réclame pas la stricte application de la loi pour les cupables. «Les interpellations qui en résulteront déboucheront sur des interdictions administratives de stade», précise le ministère…"

Les solutions avancées à la va vite par les membres du gouvernement me semblent totalement inadaptées:

  1. Annuler le match? Cela pose tout d'abord un problème de responsabilité. Qui prend la décision? l'arbitre, le préfet, le ministre de l'intérieur? Ensuite cela entraînera certainement des violences physiques dès la sortie du stade.
  2. Jouer en province? Encore une pauvre idée qui ne fait que déplacer le problème.
  3. Quant à ces interdictions administratives de stade, elles symbolisent la faiblesse de ceux qui sont censés faire respecter l'ordre.


Alors à quoi sert-il de légiférer si ce n'est pas appliqué? A rien. Et ce n'est pas en faisant preuve d'un tel manque d'autorité que l'État donnera l'exemple de ce que doit être le respect de tous pour un pays.

Faisons simple et appliquons la loi en offrant à tous ceux qui sifflent la Marseillaise un petit séjour en cellule afin de méditer sur les devoirs du citoyen. On pourrait aussi leur proposer quelques travaux d'intérêt généraux formateurs ou encore recopier mille fois la Marseillaise. Et pour les mineurs je propose de supprimer les allocations familiales pendant 6 mois. Je suis persuadé que les parents prendront alors plus au sérieux leur rôle, si crucial, d'éducateur.

Monsieur le Président montrez-nous l'exemple.


10 octobre 2008

Crise boursière: investissement contre spéculation

La crise financière qui secoue la planète montre très brutalement les limites du libéralisme économique. Les concepts si cher à ce dernier comme "la main invisible du marché" ou encore "l'offre et la demande" apparaissent sous leur vrai jour comme des approximations bien trop simplistes d'une réalité complexe que les modèles économiques ne peuvent appréhender.

En ayant pour but de faire de l'argent avec de l'argent, le système financier s'est fondamentalement perverti. La finance doit rapidement se remettre au service de l'économie "réelle". Je profite donc de cette crise pour partager quelques idées sur le fonctionnement des bourses de valeurs dans l'objectif de favoriser l'investissement (optimisation d'un capital à long terme) et d'interdire toute forme de spéculation (maximisation du profit à court terme).

  1. Interdire la vente à découvert. C'est un mécanisme profondément malsain consistant à parier sur la baisse d'un titre que l'on ne possède pas. Il l'est doublement car d'une part on ne possède pas ce titre, et d'autre part on parie sur sa baisse. Bref tout le contraire d'un véritable actionnaire achetant une action dans l'espoir de la voir croître, en partie grâce à son investissement.
  2. Interdire le day-trading. De nouveau c'est une technique purement spéculative qui consiste à multiplier des allers-retours sur un titre dans lors d'une même séance en profitant des écarts journaliers.
  3. Ne pas verser de dividendes à ceux qui détiennent des titres depuis moins d'un an et a contrario augmenter de façon proportionnel le dividende des actionnaires fidèles. Actuellement il suffit d'acheter un titre une semaine avant le versement d'un dividende pour en bénéficier.
  4. Taxer fortement les plus-values réalisées à court terme et détaxer celles prises sur le long terme.
  5. Créer une bourse d'échange "alternative" reprenant les principes énoncés ci-dessus afin de favoriser les actionnaires investissant dans la durée et désirant être de vrais partenaires du développement économique d'une entreprise. Tout le contraire des spéculateurs recherchant, à tout prix et tout moyen, un profit maximal à brève échéance.


Je suis persuadé que ces mesures auraient pour effet de stabiliser les bourses et de permettre aux entreprises de se développer durablement dans un climat beaucoup plus sain et serein. Car c'est cela le fond du problème actuel. Ce n'est pas tant une crise de liquidité ou de solvabilité ou même de confiance qu'une crise profonde d'un système malsain et pervers reposant sur un défaut si humain: l'avidité.

9 septembre 2008

Sarkozy redore sa gourmette à l'étranger

A l'heure de la rentrée des classes force est de constater l'incapacité flagrante de Nicolas Sarkozy, et de son gouvernement, à régler avec efficience les problèmes dont souffre la France (pouvoir d'achat pour n'en citer qu'un parmi tant d'autres).

Confronté à une baisse de popularité logique, le Président a donc recours à l'usage de la politique étrangère afin de redorer sa gourmette. Constitutionnellement parlant les affaires étrangères sont une des grandes prérogatives du Président de la République. Historiquement et statistiquement parlant tous ces prédécesseurs ont utilisé cet artifice pour remonter dans les sondages et regagner un peu de confiance.

Cette volonté d'être actif sur la scène internationale a été mise en place dès le début de son mandat et elle ne fait que s'accélérer récemment. Cela avait donc commencé avec la libération des infirmières bulgares (juillet 2007) et le rapprochement avec nos amis anglo-saxons (États-Unis en novembre 2007 et Grande-Bretagne en mars 2008). Plus récemment il y a eu le mini-sommet de Damas (Syrie, France, Turquie et Qatar), concernant la stabilité au Proche-Orient, et les négociations entre l'Union Européenne et la Russie dans le cadre de guerre d'Ossétie du Sud.

Laissant donc à son bon et fidèle Premier Ministre, François Fillon, l'honneur et le plaisir de réformer l'Etat et relancer la croissance économique; le Chef de l'Etat s'évade à l'étranger pour oublier l'inefficacité de sa politique intérieure. C'est un choix délibéré et un pari risqué.

image par topfer

8 septembre 2008

Simplifier le complexe

Depuis les années 60-70 nous sommes plus beaucoup nombreux, plus diversifiés et plus mobiles. Il y a énormément plus d'informations, provenant de très nombreuses sources, à gérer en moins de temps. Il y a une explosion du nombre d'acteurs tissant entre eux des relations plus interdépendantes. En résumé nous vivons dans un monde beaucoup plus complexe point de vue économique, sociale et environnemental que par le passé.

Au lieu de chercher à rendre simple ce qui est complexe nous ne cessons de compliquer les choses. D'ailleurs une des manifestations du génie est, à mon humble avis, d'avoir le don de rendre simple ce qui ne l'est pas.

Juste un exemple illustrant mon propos. Dans toute entreprise du secteur privé il y a peut-être 4-5 règles différentes s'appliquant aux divers salariés (ouvrier, employé, cadre, dirigeant, etc.). La fonction publique considère aussi trois catégories différentes (A, B et C), fonction du diplôme (supérieur, baccalauréat et brevet) et du niveau hiérarchique du concours de recrutement.

Pour l'instant tout est simple ce qui est préférable quand on doit gérer plus de 5 millions de fonctionnaires. Mais une propriété inhérente (et néfaste) de tout groupe est de vouloir
assurer sa propre survie au détriment de ceux extérieurs au groupe. Un moyen classique pour l'administration consiste donc tout naturellement à rendre les choses plus compliquées afin de ne plus pouvoir se passer d'elle.

Dans le cas de notre fonction publique ce sont plus de 900 corps qui existent et correspondent à des statuts, attributions et grilles de paie précises. C'est-à-dire qu'il existe plus de 900 règles différentes s'appliquant aux employés de cette entreprise qu'est l'État! Est-ce si hérétique d'envisager un douzaine de grilles de salaires? Un fonctionnaire du Ministère des Affaires étrangères est-il si différent que son collègue de l'Agriculture?

L'État vient de se lancer dans un vaste processus de modernisation se basant sur quatre axes: adapter les missions de l'état, simplifier la relation de l'usager, optimiser la gestion de l'administration, et améliorer la qualité des services. Il n'est jamais trop tard, mais étant donné le conservatisme et la puissante logique de groupe de notre Administration je suis loin d'être convaincu que la simplification sera au rendez-vous.

photo par dlee