10 janvier 2008

Statistiques sur les véhicules incendiés en France

Voici un petit extrait (source: Europe 1) résumant bien la situation des statistiques de véhicules incendiés.

"La nuit de la Saint-Sylvestre a été plutôt calme cette année... La fête n'a pas dégénéré si l'on en croit les autorités qui ont présenté lundi un bilan de la soirée plutôt "positif", mais provisoire. Les chiffres datent de lundi matin, 6 heures, et ne devraient pas être réactualisés. Une difficulté pour se rendre compte de la réalité des faits. Officiellement, 313 véhicules ont été incendiés partout en France, contre 425 l'année dernière. Mais à ce bilan provisoire, il est nécessaire d'ajouter un nouveau chiffre pris en compte cette année : le nombre de voitures qui ont pris feu par propagation. Il s'élève à 83 et porte donc le bilan provisoire de la nuit de la Saint Sylvestre 2006 à près de 400 véhicules incendiés."


Cet article ayant attisé ma curiosité; ce n'est qu'après quelques recherches (longues car les chiffres officiels sont difficiles à trouver) que je suis en mesure de publier ce tableau synoptique (source: Ministère de l'Intérieur):

Incendies volontaires contre les biens privés
(N.B: traduisez véhicules incendiés, les chiffres sont arrondis et ceux antérieurs à 2004 sont estimés)
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
16000 18000 18000 22000 22000 25000 30000 34000 32000 30000 43000 38000 40000

Ce qui me frappe en premier lieu c'est ce triste record de 2005, conséquence directe des émeutes qui ont eu lieu dans nos banlieues en novembre. Le second choc arrive en prenant conscience de la grandeur de ces chiffres: 40000 voitures brûlées en 2006 c'est plus d'une centaine chaque jour (ou plutôt chaque nuit). Finalement le coup de grâce est à porté au crédit de leur évolution dans le temps: de 15000-20000 véhicules incendiés fin 90, on passe à 30000 début 2000 et 40000 à partir de 2005.

Vous l'aurez compris il n'y a rien de "positif" dans ces chiffres et le fléau des violences urbaines n'est pas près de s'éteindre.

photo par _val_

9 janvier 2008

La fin de la pub sur France Télévisions

Le Président Nicolas Sarkozy a aussi annoncé lors de la conférence de presse du 8 janvier 2008 vouloir mettre un terme à la publicité sur le groupe France Télévisions. Je m'en félicite principalement pour deux raisons:

  1. Ethiquement, la mission des chaînes de service public n'est pas de faire la pub d'intérêts des groupes et entreprises privées.
  2. Culturelle ment, et c'est peut-être le plus important, nous pouvons espérer une télévision moins commerciale, tournée vers la qualité.

Economiquement, il est vrai que la publicité rapporte plus de 800 millions d'euros. Mais à moyen terme l'absence de publicité, interrompant sans cesse les programmes que nous regardons, et l'amélioration de la qualité de ces derniers ne peut qu'engendrer une augmentation des parts d'audience et des vente de programme à l'étranger qui viendront compenser la perte des recettes publicitaires.

N'oublions pas que plusieurs chaînes sont diffusées dans 19 autres pays européens ainsi qu'en Afrique, au Proche et Moyen Orient et dans l'Océan Indien. Cela contribue fortement à l'image de la France, ce qui est difficilement chiffrable. Si vous insistez pour un chiffre, le tourisme en France rapporte plus de 40 milliards d'euros, notre pays étant la première destination touristique au monde depuis les années 90 avec 80 millions de touristes étrangers accueillis en 2006.

Je ne peux donc que soutenir l'idée de créer nouvelle chaîne d'information internationale, appelée France Monde, offrant une alternative sérieuse à CNN et Al Jazeera.

Hyper et hypo-présidents

Au lendemain de la conférence de presse du Président les médias reconnaissent la qualité de sa prestation (sur le fond) et le mot "hyper-président" revient en force. Alors je me pose deux questions:

  1. Premièrement, qu'est-ce qu'un hyper-président? Sans tergiverser sur une définition qui n'existe pas, décrivons-le simplement comme une omniprésence sur tous les fronts intérieurs et extérieurs.
  2. Deuxièmement, Nicolas Sarkozy est-il un hyper-président? Relativement et par rapport à ces deux prédécesseurs que l'on pourrait alors définir comme des "hypo-présidents"; oui. Mais dans l'absolu non, car il ne fait qu'exercer les pouvoirs du Président de la République Française tels qu'ils sont définis par la Vème République

Finalement hyper-président ou super-président, ce débat me semble stérile. La France a besoin d'un vrai Président. Un Président actif et responsable s'impliquant directement dans les affaires du royaume plutôt que de se contenter d'arbitrer du haut de sa chaise la partie jouée par ses ministres ou d'observer passivement, toujours du haut de sa chaise, le monde qui change. En ce moment il est plus important de changer les règles que de veiller à leur respect.

La rupture dont on parle tant ce n'est pas (encore) une rupture sur le fond mais bien une rupture sur la forme. C'est la façon dont le Président communique et agit qui tranche singulièrement avec celles de Jacques Chirac et François Mitterand.

26 décembre 2007

Sarkozy et Bruni: coup de foudre ou "realcom"?

Deux mois après la "séparation par consentement mutuel" du couple présidentiel, Nicolas Sarkozy fait la une de la presse écrite en s'affichant au pays de Mickey avec Carla Bruni.

Dans mon billet du 19 octobre "Nicolas Sarkozy divorçé? Oui, mais pas pour longtemps" je sortais ma boule de crystal et prédisais un remariage en 2008. L'année à venir nous dira si j'avais tort ou raison mais en tout cas le Président ne perd pas de temps.

Une fois de plus ce n'est pas la vie privée du Président qui m'intéresse mais l'exploitation de son image. C'est tellement orchestré, planifié, organisé que l'on peut se demander ou se cache le hasard dans cette histoire.

Hasard du calendrier? Non. A peine sortie des négociations difficiles liées aux régimes spéciaux de retraite et toute juste une semaine après la visite controversée de Mouammar Kadhafi rien de tel qu'un coup d'accélérateur "people" pour remonter dans les sondages et terminer la fin de l'année électorale en beauté.

Hasard du cœur? On a du mal à y croire connaissant l'opportunisme de la dame.

A côté de la realpolitik voici venu son pendant la "realcom" que l'on pourrait définir comme la communication dévouant micros, stylos et caméras au service de la politique. Pour un peu on parlerait même de propagande.

photo par spilja

30 novembre 2007

Interview télévisée de Nicolas Sarkozy

Deux petites remarques suite à l'interview télévisée de Nicolas Sarkozy hier soir.

Sur la forme je l'ai trouvé combatif et déterminé. Son discours a été ferme, clair et structuré. Il a donné le cap et ne s'est pas perdu dans des détails comme lors de son duel avec Ségolène Royal durant la campagne présidentielle.

Un petit point à corriger: ses 3-4 références à son élection, son mandat ou encore la confiance que lui ont accordé les français renvoient une image défensive de quelqu'un qui doute. Comme s'il avait besoin de se rassurer, de se donner du courage ou de renforcer sa légitimité. Ces références ne sont pas nécessaires, il a été élu pour cinq ans et personne ne peut revenir sur sa légitimité.

Sur le fond par contre je trouve que son slogan de campagne "travailler plus pour gagner plus" est à côté de la plaque. Tout simplement parce que le problème n'est pas de gagner plus mais d'augmenter son pouvoir d'achat.

Pas besoin d'être ministre du budget pour savoir que le pouvoir d'achat reflète la différence entre ses revenus et ses dépenses. Et vous aurez beau travailler toujours plus, si l'augmentation du coût de la vie est supérieure à celle de vos revenus votre pouvoir d'achat baissera. Il ne s'agit donc pas seulement d'augmenter ses revenus mais aussi de stabiliser voir diminuer ses dépenses; notamment celles peu compressibles (alimentation, logement, éducation, santé, transport).

L'État ne doit donc pas se comporter comme un simple observateur de la vie économique sous prétexte que la bonne vieille main invisible du marché veille sur notre bien être à tous! Il doit jouer pleinement son rôle de normateur, de régulateur et de contrôleur. L'État doit veiller à ce que les prix soient le reflet le plus exact possible de la loi du marché en traquant sans cesse tous les facteurs les gonflant artificiellement comme par exemple les ententes illicites (grande distribution, eau, énergie, télécom, etc.) ou la répercution fantaisiste du prix des matières premières (cours du pétrole) qui pour la plupart du temps ne représentent que quelques % de la valeur du produit fini.

photo par dolar

22 novembre 2007

La France qui a peur et l'Etat Providence

La France a peur. Peur des banlieues, des immigrés et des musulmans. Peur de l'Europe, de la Turquie et des Iraniens.

La France a peur. Peur de la mondialisation, des délocalisations et de la croissance chinoise. Peur de perdre son emploi, de se retrouver à la rue, d'être exclu.

La France a peur. Peur des fins de mois difficiles, de la hausse des prix et de la perte de son pouvoir d'achat. Peur de perdre ses privilèges, du service minimum et pour sa retraite.

Alors que faisons-nous? Nous nous tournons vers l'État. Un État reconnaissant tous nos droits, nous qui en avons tant. Un État nous enseignant, nous nourrissant, nous logeant, nous transportant, nous fournissant un travail, nous divertissant, nous informant et nous soignant. Un État garantissant notre futur sur facture. Un État Mère qui nous rassure et nous aime. Un État Père qui nous élève et nous guide.

Un État présent de notre naissance à notre mort. Un État Providence. La Providence n'est plus l'apanage de Dieu, elle est de la responsabilité du Ministre et du Président. Hier encore on aurait pu croire que l'opium du peuple est la religion. Mais aujourd'hui notre opium c'est l'État.

source illustration